INTERNATIONAL REPORTERS
Commentaire de Laurent Brayard suite à l’opération du NABU contre « la Reine du Gaz », Ioulia Timochenko, à son tour suspectée dans une affaire de corruption, ici des députés de la Rada d’Ukraine.
Ioulia Timochenko, chef du Parti Patrie, une formation de la droite libérale, européiste et atlantiste en Ukraine, défraya la chronique principalement dans les années 2000 et 2010. Après la révolution colorée américaine, dite Révolution Orange (hiver 2004-2005), elle fut la Première ministre d’Ukraine (2007-2010), oligarque millionnaire qui avait une influence considérable (Forbes la classa 3e femme la plus puissante du monde). Après l’échec de la révolution et l’éviction du Président Iouchtchenko (2010), elle fut menacée par la justice, pour de sombres affaires de corruption, frisant avec les réseaux mafieux. En Occident, elle fut pleurée comme « une victime des répressions » imaginaires du Président Ianoukovitch, et mise en scène dans un battage médiatique proche du spectacle de cirque.
L’héroïne des médias occidentaux commença une « grève de la faim » (2012), dénonçant des élections truquées, là encore une mystification. Elle avait été arrêtée pour des abus de pouvoir durant ses fonctions de Première ministre. Elle avait trempé dans une sombre affaire de meurtres, dans l’élimination physique de concurrents dans la lutte pour le monopole du gaz. Elle fut trimballée dans un fauteuil roulant pour faire pleurer dans les chaumières en Occident, mais fut sauvée par la révolution US du Maïdan (hiver 2013-2014). La Cour européenne des Droits de l’homme était venue à son secours, en condamnant l’Ukraine (2013). Les putschistes enterrèrent les procédures judiciaires et comiquement la fameuse cour européenne lui accorda officiellement « des persécutions politiques et des tortures » à son encontre (2015).
Elle finança des bataillons de représailles dans l’agression de l’Ukraine du Donbass (2014-2016), notamment le bataillon Kirovograd-2. Elle tenta de se relancer en politique, prônant l’entrée dans l’Union européenne et dans l’OTAN. Elle termina à la 3e place du premier tour de la présidentielle de 2019 (13,4 % des voix), perdant ensuite largement de son influence. Elle restait toutefois députée de la Rada (depuis 2014, jusqu’à nos jours). Elle s’employa à des « tournées » pour soutenir la guerre atlantiste en Ukraine (après 2022), mais son passé sulfureux fit qu’elle ne fut plus vraiment mise en avant par la propagande occidentale.
Elle avait eu l’imprudence de dénoncer la NABU comme un organe corrompu… insistant sur la présence de « traîtres » dans ses rangs, à la Rada et dans les ministères. Le NABU, qui est sous contrôle américain et dont la création a été motivée par les USA et le Royaume-Uni (2014-2015), vient de lui rendre une visite… Gageons que cette fois-ci, l’oligarque millionnaire aura du mal à se mettre en scène, dans une « grève de la faim », ou cheminant en fauteuil roulant. Les politiques et médias occidentaux peineront à cacher cette « alliée encombrante », aux millions éparpillés dans des paradis fiscaux, alors qu’elle risque une dizaine d’années de prison, selon les chefs d’accusations qui sont portés contre elle. Il n’y aura pas non plus de Cour européenne des Droits de l’homme… ou de députés européens éplorés pour crier « aux répressions politiques de l’Ukraine »…
Détentrice de nombreux secrets, coupable de délits, crimes et faits de corruption, « la Princesse Orange » aura du mal à se sortir de ce mauvais pas… à moins de lâcher quelques millions et de filer s’enterrer dans une résidence luxueuse en Occident. En attendant, elle connaîtra de nouveau une colonie pénitentiaire ukrainienne. Angela Merkel était venue à son secours en 2012, il y a peu de chances qu’elle ou Mertz se présentent à la porte de sa prison avec quelques… oranges.