Le texte de Lux Æterna doit être fermement rectifié lorsqu’il oppose l’humilité terrestre de la Très Sainte Vierge Marie à sa gloire céleste, sa pauvreté de Nazareth à sa royauté, ou l’honneur qui lui est rendu à la gloire de son divin Fils, car la foi catholique unit précisément ce que ce texte tend à séparer.
Marie est réellement Reine, non selon la vanité ou la puissance des souverains de ce monde, mais parce qu’elle est la Mère de Jésus-Christ, Roi éternel, et parce que toute sa dignité procède de Lui ; dans la monarchie davidique, la mère du roi possédait elle-même une dignité royale particulière, comme le manifeste Bethsabée auprès de Salomon, et Marie, Mère du Messie auquel Gabriel annonce le trône de David et un règne sans fin, accomplit d’une manière éminente cette figure de la reine-mère.
L’Apocalypse présente dans le ciel une Femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds et portant sur la tête une couronne de douze étoiles, tandis qu’elle enfante Celui qui doit gouverner les nations ; cette Femme possède dans la tradition catholique une véritable portée mariale, de sorte que lumière, couronne, splendeur et dignité royale ne sont nullement étrangères à la Mère du Christ.
Cette exaltation de Marie est parfaitement conforme à une loi spirituelle que toute l’Écriture proclame : Dieu élève ceux qui s’abaissent, relève les pauvres et exalte les humbles.
Notre-Seigneur l’enseigne expressément lorsqu’Il déclare : « Quiconque s’élève sera abaissé, et qui s’abaisse sera élevé » ; le psaume proclame pareillement que Dieu relève le pauvre de la poussière afin de le faire asseoir parmi les princes.
Bien avant le Magnificat, le cantique d’Anne célébrait déjà cette manière divine d’agir, puisque Dieu y est proclamé comme Celui qui abaisse et qui élève, qui relève le pauvre de la poussière afin de le faire asseoir avec les princes, tandis que le cantique s’achève en annonçant que Dieu donnera la force à son Roi et exaltera son Oint.
Le Magnificat reprend et porte cette grande tradition biblique à son accomplissement, car Marie proclame d’abord que Dieu a regardé l’humilité de sa servante, puis annonce immédiatement que toutes les générations la diront bienheureuse parce que le Tout-Puissant a fait pour elle de grandes choses, avant de proclamer que Dieu renverse les puissants de leurs trônes, élève les humbles et comble de biens les affamés.
Le Magnificat contient donc en lui-même toute la réponse à l’idée selon laquelle l’humilité de Marie serait incompatible avec son exaltation, car Marie ne nie nullement sa grandeur afin de paraître humble ; elle reconnaît les grandes choses accomplies en elle et les rapporte immédiatement à Dieu.
La gloire de Marie n’est donc pas contraire à son humilité, mais en constitue l’accomplissement selon la logique même de l’Écriture : celle qui s’est abaissée comme servante est élevée par Dieu, celle qui s’est reconnue petite est proclamée bienheureuse par toutes les générations, et celle qui n’a jamais recherché sa propre gloire reçoit de Dieu la gloire qu’Il veut lui donner.
Les apparitions mariales reconnues manifestent encore cette même vérité, puisque la Sainte Vierge apparaît à plusieurs reprises d’une beauté extraordinaire, lumineuse, vêtue avec éclat ou couronnée ; à Lourdes elle est décrite comme d’une beauté incomparable, à Fatima comme plus brillante que le soleil, à Pontmain avec une robe étoilée et une couronne d’or, à Beauraing environnée de lumière, à Knock couronnée, et à Champion elle se présente elle-même comme « Reine du Ciel ».
Ces apparitions ne constituent pas des articles de foi, mais elles montrent clairement qu’une Vierge lumineuse, magnifiquement vêtue, couronnée ou resplendissante n’a jamais été considérée par l’Église comme incompatible avec l’humilité de Marie.
Il est donc faux d’opposer la véritable Marie à une Vierge lumineuse, couronnée ou glorieuse, comme si de telles représentations trahissaient la pauvre femme de Nazareth, car la magnificence céleste ne relève pas de la vaine gloire humaine mais de la gloire que Dieu communique à ses saints.
Il est particulièrement grave d’affirmer que Marie, maintenant qu’elle est au Ciel, devrait « fuir » la gloire qu’on lui donne ou la « mépriser », car une telle affirmation confond la vaine gloire du monde avec la gloire véritable qui vient de Dieu.
Marie a méprisé l’orgueil, l’amour-propre et les honneurs recherchés pour soi-même, mais elle ne peut mépriser ce que Dieu veut accomplir et glorifier en elle, puisque son humilité consiste précisément à tout recevoir de Dieu et à tout Lui rapporter.
Marie a été préservée du péché originel par une grâce singulière de Dieu, mais cette grâce n’a jamais supprimé sa liberté ; elle a librement consenti à la volonté divine, librement prononcé son Fiat, librement persévéré dans la foi, l’humilité, l’obéissance et la charité, et librement coopéré à toutes les grâces reçues.
Son Fiat ne fut donc ni mécanique ni irréfléchi, mais un véritable acte personnel de foi, d’obéissance et d’abandon, par lequel elle se remit tout entière entre les mains de Dieu.
Toute sa vie fut ainsi une coopération parfaite à la grâce, et son humilité, sa pureté, son obéissance, sa charité et sa fidélité furent véritablement vécues et consenties dans la liberté.
Sa gloire céleste convient donc parfaitement à cette fidélité, puisque Dieu glorifie ceux qui Lui appartiennent et couronne en eux l’œuvre de sa propre grâce accueillie librement.
Il est également profondément erroné d’imaginer Marie cherchant au Ciel à se retirer afin de ne pas « voler » à Jésus une parcelle de gloire, car Jésus-Christ et sa Mère ne sont jamais en concurrence.
Toute grâce, toute sainteté, toute beauté, toute dignité et toute gloire de Marie viennent de Dieu et conduisent à Dieu ; Notre-Seigneur enseigne Lui-même : « Que votre lumière brille devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5,16), montrant ainsi que reconnaître la sainteté manifestée dans une créature conduit à glorifier Celui qui en est la source.
Le Christ ajoute encore : « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » (Jn 12,26), de sorte que l’honneur accordé par Dieu à ses fidèles serviteurs ne saurait être opposé à sa propre gloire ; Dieu Lui-même honore ceux qui Le servent.
Plus fortement encore, Jésus dit à son Père : « La gloire que vous m’avez donnée, je la leur ai donnée » (Jn 17,22), tandis que saint Paul enseigne que ceux que Dieu a justifiés, « Il les a aussi glorifiés » (Rm 8,30) et que le Christ viendra « pour être glorifié dans ses saints » (2 Th 1,10).
L’Écriture établit donc clairement que la gloire communiquée aux saints ne rivalise pas avec celle du Christ, puisque le Christ est précisément glorifié en eux ; honorer la sainteté de Marie, admirer sa beauté spirituelle, reconnaître sa dignité et célébrer la gloire que Dieu lui a donnée ne consiste donc pas à soustraire quelque chose à Jésus-Christ, mais à reconnaître dans sa Mère l’une des manifestations les plus éclatantes de la puissance de sa grâce.
Cette vérité trouve en Marie une expression singulière dans son propre Magnificat : « Toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses » ; Marie unit elle-même, dans une seule phrase, l’honneur que les générations lui rendront et la reconnaissance que Dieu seul est l’auteur des merveilles accomplies en elle.
Honorer Marie conformément à la foi catholique revient donc précisément à honorer ce que Dieu a accompli en elle ; sa sainteté proclame la puissance de la grâce, sa beauté spirituelle manifeste l’œuvre de Dieu, sa dignité vient de sa maternité divine, et sa gloire témoigne de la générosité de Celui qui « élève les humbles ».
La jeune femme de Nazareth et la Reine du Ciel ne sont pas deux figures opposées, mais une seule et même personne ; la Servante est devenue Reine, la femme pauvre est devenue la Femme revêtue du soleil, celle qui s’est appelée humble servante est devenue celle que toutes les générations proclament bienheureuse, et celle qui ne rechercha jamais la vaine gloire reçoit maintenant la gloire que Dieu lui destine.
Son vêtement de soleil ne contredit pas sa tunique de Nazareth, sa couronne de douze étoiles ne contredit pas son humilité, sa royauté ne contredit pas son titre de Servante, et sa glorification ne contredit pas sa pauvreté terrestre.
Il faut donc rejeter toute présentation de Marie qui prétend défendre son humilité en diminuant sa gloire, car l’Écriture elle-même proclame que Dieu élève les humbles, relève le pauvre de la poussière, fait asseoir l’indigent parmi les princes, honore celui qui Le sert, communique sa gloire à ses saints et veut être Lui-même glorifié en eux.
La Très Sainte Vierge est précisément l’accomplissement le plus éclatant de cette loi spirituelle parmi les créatures : elle fut la plus humble, la plus docile et la plus entièrement donnée à Dieu, et Dieu l’a souverainement exaltée sans que cette exaltation diminue en rien la gloire du Christ, puisque tout honneur véritable rendu à Marie proclame finalement avec elle : « Mon âme magnifie le Seigneur. »
La Très Sainte Vierge Marie est fille de Dieu le père, épouse de Dieu le Saint Esprit et mère de Dieu le Fils.
Merci Philotée Philothée pour ce magnifique éloge, cette louange à Marie, Notre Mère et Mère de l'Église !
C'est exactement çà, un très grand merci ! il faut que Censor Aeternus cesse ses insolences contre Marie qui sont comme des pierres jetées à la figure de son divin Fils et à Nous, ses disciples ; dans la foi catholique, il y a des mystères, l'un d'eux est l'Incarnation ("Il a pris chair de la Vierge Marie") et ces mystères doivent être respectés, médités, honorés, il n'est pas d'honneur assez grand dont la TSVM, "Temple de toute la divinité", comme l'a écrit Saint Jean Marie Eudes, ne soit digne, elle qui a mis au monde Notre Sauveur et Rédempteur ; à chaque Ave dit sur cette terre, le ciel tressaille d'allégresse.
Qui n'honore pas La Reine Mère, n'honore pas non plus le Roi qui est sorti d'Elle .
Jésus pourrait très bien dire :
Si vous m'aimiez, vous aimeriez aussi ma mère, car je suis sorti d'Elle.
Le protestantisme fait beaucoup de ravages, et c'est aussi ce genre de raisonnements protestants qui blessent son cœur immaculé, c'est le glaive qui traverse son âme et qui révèle la pensée de beaucoup de coeur par ignorance.
Oser dire que Marie évite la gloire que Dieu veut lui donner découle d'un raisonnement très orgueilleux, d'une fausse humilité très malsaine.
Mais.... c'est triste pour Lux Aeterna. Il risque gros, très très gros, via ses discours !!