La guerre que le Diable mène contre l'oeuvre de Maria Valtorta - réponse à L.E.
L'Église elle-même rappelle, dans le Catéchisme de l'Église catholique, que les révélations privées, lorsqu'elles sont authentiques, n'appartiennent pas au dépôt de la foi, mais peuvent aider les fidèles à vivre plus pleinement la Révélation définitive du Christ à une époque donnée. Elles n'ajoutent rien à l'Évangile, mais invitent à le redécouvrir, à le méditer davantage et à le mettre en pratique avec un amour renouvelé.
Si saint Jérôme a raison d'exhorter les chrétiens à ne pas laisser la Bible prendre la poussière sur leurs étagères et à ne pas laisser sans effet cet immense don de la Parole de Dieu dans leur vie, il serait tout aussi incohérent, après avoir bu à cette eau vive, de refuser de reconnaître les nombreuses sources qui en jaillissent à travers les siècles pour irriguer l'Église. Les Pères de l'Église, les grands docteurs, les saints, les mystiques et les révélations privées authentiques ne constituent pas une autre eau que celle de l'Évangile : ils en sont les reflets, les prolongements et les applications providentielles pour les besoins spirituels de leur temps.
Jésus lui-même enseigne : « Quiconque aime celui qui a engendré aime aussi celui qui est né de lui » (1 Jn 5, 1). De même, celui qui aime profondément la Parole de Dieu devrait être capable d'en reconnaître l'écho lorsqu'elle se manifeste avec une telle fidélité dans une œuvre spirituelle. Comment prétendre aimer passionnément le Christ des Évangiles tout en refusant de reconnaître les mêmes traits de sainteté, de vérité, de miséricorde et de majesté dans le Christ qui se révèle au fil des visions de Maria Valtorta ? Si l'on estime que ces pages reproduisent avec une fidélité exceptionnelle l'esprit et la lettre de l'Évangile, il devient difficile de comprendre une hostilité systématique à leur égard.
Il vaudrait presque mieux ne jamais avoir ouvert cette œuvre que de la lire avec un cœur fermé, puis d'en accabler l'auteur de sarcasmes ou d'accusations injustes. Car lorsqu'une personne rejette avec violence une œuvre qui conduit tant d'âmes à aimer davantage Jésus-Christ, à retrouver le goût de la prière, des sacrements, de la vie ecclésiale et de la lecture quotidienne des Évangiles, on peut légitimement s'interroger sur la nature spirituelle d'une telle opposition. Il est en effet difficile d'admettre que le Christ des Évangiles puisse être fondamentalement différent de celui qui transparaît dans L'Évangile tel qu'il m'a été révélé.
Si la Bible, à elle seule, devait produire sur terre tous les fruits spirituels que Dieu veut accorder sans aucune autre médiation, alors il faudrait logiquement se défier de tous les autres livres spirituels : des écrits des Pères de l'Église, des docteurs, des saints, des grands mystiques, des commentaires bibliques, voire des catéchismes eux-mêmes. Personne ne soutient une telle idée dans la tradition catholique. Dieu a toujours suscité, au fil des siècles, des hommes et des femmes pour aider son peuple à mieux comprendre, aimer et vivre sa Parole.
La Bible ressemble à une immense nappe phréatique d'une pureté infinie. Les révélations privées authentiques ne sont pas une autre eau : elles sont les nombreuses sources qui jaillissent de cette même nappe pour rendre cette eau plus accessible aux hommes selon les lieux, les temps et les besoins de chaque époque. Opposer les unes à l'autre reviendrait à opposer la source à la nappe qui l'alimente, alors qu'elles procèdent d'une seule et même origine.
Lorsque l'on constate le bien spirituel considérable que produit depuis des décennies la lecture de l'œuvre de Maria Valtorta — retour à la foi, conversion, pratique renouvelée des sacrements, amour plus profond de l'Église, désir de méditer quotidiennement les Évangiles, approfondissement de la vie intérieure — on comprend mieux pourquoi le démon peut chercher à en détourner les âmes. C'est précisément parce que cette œuvre renvoie sans cesse à Jésus-Christ et à l'Évangile qu'elle devient un objet de combat spirituel.
La même réflexion vaut d'ailleurs pour d'autres révélations privées qui ont profondément marqué la spiritualité catholique, comme celles de sainte Brigitte de Suède, de sainte Élisabeth de Schönau, de la vénérable Maria d'Agreda ou de la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich. Toutes, chacune à leur manière, ont ravivé chez d'innombrables fidèles l'amour du Christ, de l'Écriture, de la prière et de la vie sacramentelle.
En redonnant aux chrétiens le goût des Évangiles et de la méditation de la Parole de Dieu, ces œuvres accomplissent souvent ce que bien des discours purement intellectuels ou des sermons contemporains ne parviennent plus à susciter : une rencontre vivante avec Jésus-Christ, une conversion durable et, par la grâce de Dieu, le salut des âmes.
Réponse à l'article de L.E. La guerre que le diable mène contre notre Bible