Quelques petits extraits bien savoureux de l'enseignement du Père :
"Et cela signifie que Dieu aime Notre-Dame davantage que le reste d’entre nous.
Lorsque certains disent :
— Oh, Il nous aime avec exactement la même mesure d’amour qu’Il aime Notre-Dame…
Je suis désolé, mais c’est blasphématoire.
C’est blasphématoire de dire que quelqu’un qui a été conçu sans péché, qui a porté Dieu dans son sein, qui a été assumé au ciel et couronné Reine du ciel et de la terre, est aimé par Dieu exactement autant que vous.
C’est faux.
En fait, nous savons par saint Louis-Marie de Montfort qu’il a dit d'elle que sa grâce est plus grande que celle de tous les martyrs et de tous les saints réunis."
« Marie, Mère du Bel Amour : beauté, sacrifice et dévotion — à la lumière de saint Thomas d’Aquin, de saint Maximilien Kolbe et de l’expérience de l’exorcisme » — Fr. Ripperger 1ère partie
Le père Chad Ripperger (souvent orthographié à l'oreille « Gad ») est un prêtre catholique américain, théologien traditionaliste et exorciste de grande renommée.
Né en 1964 dans le Wyoming, il est devenu l'une des figures les plus influentes et écoutées sur internet concernant le combat spirituel, la démonologie et la théologie thomiste.
Dans cette conférence captivante sur Notre-Dame, « Mère du Bel Amour », nous explorons comment l'amour marial – pur, total et sacrificiel – révèle la beauté de Dieu et devient le modèle de la vie chrétienne. À partir des Écritures (Ecclésiastique/Siracide), de saint Thomas d'Aquin (la symétrie, l'intégrité et la clarté comme attributs de la beauté) et de saint Maximilien Kolbe (Marie, Épouse du Saint-Esprit), nous expliquons pourquoi l'amour marial est objectivement …Plus
Quelques petits extraits bien savoureux de l'enseignement du Père :
"Et cela signifie que Dieu aime Notre-Dame davantage que le reste d’entre nous.
Lorsque certains disent :
— Oh, Il nous aime avec exactement la même mesure d’amour qu’Il aime Notre-Dame…
Je suis désolé, mais c’est blasphématoire.
C’est blasphématoire de dire que quelqu’un qui a été conçu sans péché, qui a porté Dieu dans son sein, qui a été assumé au ciel et couronné Reine du ciel et de la terre, est aimé par Dieu exactement autant que vous.
C’est faux.
En fait, nous savons par saint Louis-Marie de Montfort qu’il a dit d'elle que sa grâce est plus grande que celle de tous les martyrs et de tous les saints réunis."
"Les miracles de Notre-Dame" À la louange et à la gloire, en remembrance et en mémoire de grande Reine et haute Dame, en qui me confis corps et âme. À jointes mains soir et matin, miracles que trouvais en latin, je veux traduire et mettre en rimes. Celles et ceux qui latin entendent reconnaîtront, oyant mes hymnes, qu'à son service il fait bon tendre. Qui ne la sert bien peu s'aime, car de tout bien elle est la Cène. En bien haut grade serait monté qui pourrait la servir à gré. Ses miracles sont tant propices, si doux, si bons, si délicieux, tant choisis et tant savoureux, qu'à les citer j'ai grand délice, souventes fois m'y délectant. Tout de la Dame est doux, aimable. Elle est la Fleur, elle est la Rose en qui habite, en qui repose, et jour et nuit, le Saint-Esprit. Bien est damné, bien a péri, et le Diable trop le déçoit, qui de ses miracles ne reçoit. C'est la Douceur, c'est la Rosée dont toute chose est arrosée. C'est la Dame, c'est la Pucelle en qui choisit sa chambre et celle, … – Gloria.tv "Les miracles de Notre-Dame"
Déséquilibré :
"La faillite de la nature déchue : l'impuissance radicale de l'homme"
Cet article contient un noyau catholique réel, mais il le formule de manière tellement absolue qu'il finit par produire une présentation déséquilibrée de la doctrine catholique sur la grâce, la liberté et le mérite.
Et c'est précisément là que se situe le problème principal.
L'article affirme notamment que l'homme serait dans une « faillite ontologique totale » et qu'il n'aurait « aucun ressort capable d'engendrer un mérite » en dehors de la grâce : or c'est un truisme. À l'origine aussi, l'homme pourtant dans un état de perfection, ne pouvait rien faire sans la grâce.
Autant dire qu'un poisson n'aurait "aucun ressort capable d'engendrer une nage en dehors de l'eau" : c'est plutôt juste un tout petit peu évident ! Ou qu'un oiseau n'aurait aucun ressort capable d'engendrer un vol en dehors de l'air : euh... comment dire.... Idem ?
Pourtant : ni le poisson ni l'oiseau ne sont défectueux ! L'homme oui, mais la grâce le répare. Et avec elle, il peut accéder à la vraie liberté conforme à sa nature humaine, et au mérite. Et oui : car si la nature du poisson et de l'oiseau est de suivre un instinct sans raison ni choix, ce n'est pas du tout le cas de l'homme.
Voilà ce que l'influenceur a décidément tant de mal à intégrer. On lui ressortira plus tard quelques paroles de saint Louis Marie Grignon de Montfort, qui devraient l'aider.
1. Ce qui est juste
Il faut d'abord lui reconnaître plusieurs vérités importantes.
L'Église enseigne effectivement que :
- l'homme ne peut se sauver par ses propres forces naturelles ;
- la grâce prévenante de Dieu est première ;
- personne ne peut mériter la grâce initiale de la conversion et de la justification ;
- tout mérite surnaturel dépend fondamentalement de la grâce ;
- sans le Christ, nous ne pouvons rien faire qui conduise au salut.
Sur ce point, les citations d'Orange II et de Trente vont dans une direction authentiquement catholique.
Le Catéchisme dit même explicitement :
« l'action paternelle de Dieu est première [...] et le libre agir de l'homme est second »
tout en affirmant que Dieu associe réellement l'homme à l'œuvre de sa grâce.
Donc la critique du pélagianisme est parfaitement légitime.
2. Mais L.E. franchit ensuite une limite importante : il confond
« impossibilité sans la grâce » et
« impuissance absolue »
Son raisonnement passe de :
L'homme ne peut rien faire de salutaire sans la grâce.
à :
L'homme n'a en lui aucun véritable pouvoir d'agir, de coopérer ou de mériter.
Or ce deuxième énoncé n'est pas la doctrine catholique.
Le Catéchisme enseigne précisément que la grâce « suscite la libre réponse de l'homme », qu'elle « invite à coopérer » et qu'elle conduit cette liberté à sa perfection.
Et il est encore plus explicite :
« l'homme lui-même n'est pas inactif lorsqu'il reçoit cette inspiration, puisqu'il peut la rejeter »
tout en précisant qu'il ne peut, sans la grâce, se tourner lui-même vers la justice.
Donc la grâce ne remplace pas la liberté.
Elle la guérit, la relève, la meut et la rend capable d'accomplir surnaturellement ce qu'elle ne pouvait accomplir par ses seules forces.
3. Le passage le plus problématique est sa conception du mérite
C'est ici que son article entre en contradiction avec un enseignement explicite du Catéchisme.
L.E. écrit :
« Ainsi la nature humaine, par ses seules forces, ne possède aucun ressort capable d'engendrer un mérite ou un mouvement authentique vers le salut ou de plaire à Dieu. »
« par ses seules forces », c'est juste.
Mais il faut absolument ajouter ce que fait l'Église : une fois élevée et mue par la grâce, la volonté humaine accomplit réellement des actes méritoires.
Le Catéchisme dit :
« Dieu a librement disposé d'associer l'homme à l'œuvre de sa grâce. »
Et surtout :
« Sous la motion du Saint-Esprit et de la charité, nous pouvons [...] mériter pour nous-mêmes et pour les autres les grâces utiles à notre sanctification [...] ainsi que pour l'obtention de la vie éternelle. »
C'est capital.
Il existe donc un véritable mérite humain, mais un mérite qui est lui-même un don de Dieu.
Le Catéchisme formule admirablement cette synthèse :
« Les mérites de nos bonnes œuvres sont des dons de la bonté divine. »
Autrement dit :
Dieu donne la grâce → la grâce meut réellement notre volonté → notre volonté coopère réellement → l'acte est réellement nôtre → Dieu lui-même couronne cet acte comme méritoire.
Ce n'est donc ni :
« l'homme se sauve lui-même »
ni :
« Dieu fait tout et l'homme n'agit réellement en rien ».
4. Et cela rejoint directement la question de Marie
C'est justement là que son discours devient particulièrement intéressant au regard de ses autres articles sur Marie.
L.E. insiste énormément sur :
« Marie ne serait rien sans Dieu »
et :
« elle ne doit sa sainteté immaculée qu'à un don souverain de Dieu ».
C'est vrai.
Mais il risque ensuite de faire disparaître l'autre moitié de la doctrine : ce que la grâce a produit en Marie est réellement sien.
- Marie n'est pas un simple instrument passif.
- Son fiat est véritablement son acte.
- Sa foi est véritablement sa foi.
- Son obéissance est véritablement son obéissance.
- Sa souffrance au pied de la Croix est véritablement sa souffrance.
Et c'est précisément parce que tout cela est produit par la grâce que cela peut être véritablement méritoire.
Le principe catholique n'est donc pas :
« Marie n'est rien, Dieu est tout. »
Il est plutôt :
« Tout ce que Marie est et possède vient de Dieu, et précisément parce que Dieu l'a gratuitement comblée de grâce, elle peut coopérer librement et réellement à son œuvre. »
C'est beaucoup plus riche.
5. Son expression « faillite ontologique totale » est particulièrement discutable
C'est probablement le point à corriger le plus fortement.
L'article parle d'une :
« faillite ontologique totale face à l'ordre divin ».
Or il faut distinguer ontologie et sotériologie.
L'homme pécheur n'est pas devenu un néant ontologique.
Il demeure une créature véritable, douée d'intelligence et de libre arbitre.
Le Catéchisme enseigne même que Dieu a créé l'homme comme être rationnel, avec la dignité de pouvoir initier et contrôler ses propres actes.
Ce que le péché a détruit ou gravement blessé, ce n'est donc pas l'existence même de l'homme ni sa liberté comme telle, mais sa justice originelle, sa communion avec Dieu et sa capacité à atteindre surnaturellement sa fin sans la grâce.
Il aurait donc été beaucoup plus exact de parler d'une :
« impuissance surnaturelle radicale de l'homme déchu sans la grâce »
plutôt que d'une « faillite ontologique totale ».
6. Il y a même un paradoxe dans sa série d'articles
Et c'est là que l'angle de réponse devient particulièrement intéressant.
Dans un autre article, L.E. écrit lui-même que Marie est l'unique créature humaine ayant accompli le double commandement dans une « plénitude parfaite ».
Très bien.
Mais alors il faut expliquer comment une créature peut réellement accomplir parfaitement la volonté divine.
La réponse catholique est justement :
par la grâce, mais avec une coopération libre et réelle.
Sinon, on risque de transformer Marie en simple théâtre de l'action divine.
Or cela ne rendrait pas justice à l'Annonciation :
« Voici la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole. »
Le « qu'il me soit fait » n'est pas un automatisme.
Il y a véritablement une réponse personnelle de Marie.
Et c'est précisément cette merveille de la grâce : Dieu ne se contente pas de produire des effets dans la créature ; il fait participer la créature elle-même à son œuvre.
7. Et cela réfute aussi une partie de son argumentation contre la coopération mariale
C'est probablement le lien le plus intéressant avec les discussions précédentes.
Le raisonnement de L.E. semble souvent fonctionner ainsi :
Dieu seul est source de la grâce → donc Marie ne peut avoir qu'un rôle secondaire → donc il faut constamment rappeler que tout vient de Dieu.
Mais la théologie catholique va plus loin :
Dieu seul est la source première → et précisément parce qu'il est la source première, il peut faire de ses créatures de véritables causes secondes et de véritables coopératrices.
Le Catéchisme dit même que la grâce comprend des dons permettant aux chrétiens de « collaborer à la salvation des autres » et à la croissance du Corps du Christ.
Et concernant spécifiquement Marie, la Note doctrinale Mater Populi fidelis publiée par le Dicastère pour la Doctrine de la foi en 2025 rappelle précisément la réalité de sa coopération à l'œuvre du salut, tout en maintenant l'unicité du Christ.
C'est donc une distinction fondamentale :
cause première ≠ cause unique à tous les niveaux.
Dieu est l'unique source première de la grâce et du salut.
Mais il veut librement que des créatures participent réellement à son œuvre.
Appréciation globale
Le fond anti-pélagien de l'article est catholique. La formulation de L.E. devient toutefois excessivement absolue et, à plusieurs endroits, théologiquement trompeuse.
Son erreur n'est pas de dire :
« L'homme ne peut rien sans la grâce. »
Cela est profondément catholique.
Son problème est de laisser entendre :
« puisque tout vient de la grâce, l'action propre de l'homme ne possède plus de véritable consistance, de véritable liberté ou de véritable mérite. »
Or c'est précisément ce que l'Église refuse.
Le Catéchisme tient ensemble les deux vérités :
« La grâce est première »
ET
« l'homme coopère librement ».
Et même :
« les mérites de l'homme sont réels »
ET
« ces mérites sont eux-mêmes des dons de Dieu ».
C'est cette articulation qu'il faut mettre au centre — et elle permet également de revenir très naturellement sur Marie, son fiat, ses mérites et sa coopération à l'œuvre de la Rédemption, sans jamais diminuer l'unique primauté du Christ. déséquilibré :
La faillite de la nature déchue : l'impuissance …
"Et c’est pourquoi son amour pour Dieu est différent, et pourquoi Dieu l’aime d’une manière fondamentalement différente de celle dont Il nous aime."
C'est très important de comprendre cela....On ne peut en aucun cas nous comparer nous mêmes à la Sainte Vierge.....et donc dire que Marie n'a rien mérité, c'est la placer en position d'égalité avec le commun des mortels.
Nous, pauvres humains, en effet, ne méritons rien.
Faire cette comparaison d'égalité,selon ce qu'explique le Père Ripperger, c'est commettre un blasphème.
Nous avons là, un prêtre, et pas des moindres, qui nous explique la gravité d'une telle pensée et pour certains d'une telle affirmation (cf les protestants...)
À méditer......
Quelques petits extraits bien savoureux de l'enseignement du Père :
Et cela signifie que Dieu aime Notre-Dame davantage que le reste d’entre nous.
Lorsque certains disent :
— Oh, Il nous aime avec exactement la même mesure d’amour qu’Il aime Notre-Dame…
Je suis désolé, mais c’est blasphématoire.
C’est blasphématoire de dire que quelqu’un qui a été conçu sans péché, qui a porté Dieu dans son sein, qui a été assumé au ciel et couronné Reine du ciel et de la terre, est aimé par Dieu exactement autant que vous.
C’est faux.
En fait, nous savons par saint Louis-Marie de Montfort qu’il a dit d'elle que sa grâce est plus grande que celle de tous les martyrs et de tous les saints réunis.
2e partie - « Marie, Mère du Bel Amour : beauté, sacrifice et dévotion — à la lumière de saint Thomas d’Aquin, de saint Maximilien Kolbe et de l’expérience de l’exorcisme » — Fr. Ripperger
2e partie - « Marie, Mère du Bel Amour : beauté, …
Merci cher apvs. Puissent de nombreuses âmes sur ce site se délecter de cette nourriture spirituelle, y revenir, la savourer, la méditer et grandir en sagesse et en charité. Quel bonheur, grâce à votre diligence de pouvoir lire et relire après avoir écouté et ré écouter cet enseignement vivant et profond, et clarifiant sur Notre Dame!
.... grâce à celle qui m'a communiqué ce merveilleux et solide enseignement sur la très sainte Vierge Marie !
Je suis en train de le lire, c'est vraiment un plus....on s'aperçoit en lisant que certaines réflexions ne se gravent pas de la même façon qu'oralement..et j'ai apprécié la petite référence à la naissance de La Sainte Vierge.et comment la Création réagit
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